Nous utilisons et adaptons de nombreuses techniques issues des parcours de chacun. Voici quelques unes des plus importantes dans notre collectif :

 

Les View Points 

Ces notions d’improvisation sont empruntées à la danseuse Mary Overlie par Anne Bogart, directrice artistique de la compagnie de théâtre américaine SITI company. Elle dirige également le département mise en scène de la Columbia University à New York. Elle a développé ces notions en 9 catégories et les a adaptées pour le travail des acteurs.

Les « View Points » permettent à un groupe d’acteurs de fonctionner ensemble spontanément et intuitivement et de produire rapidement un travail théâtral fort. Ils sont un guide pour jouer sur scène des variables de l’espace et du temps, ils sont un outil de travail organique au service des comédiens pour développer leur flexibilité, leur audibilité, la spontanéité et la présence sur le plateau. C’est un langage du corps qui précède celui du sens.

Le chant choral improvisé 

Méthode d’Eric Trémolières (soliste Bernard Têtu à Lyon).

Les techniques de clown, de masque et de burlesque

Ces techniques permettent un travail sur l’humour et sur la sincérité, sur le décalage et la mise à nu.

La pratique du Chœur

La constitution physique d’un groupe qui respire, bouge, agit ensemble et reste cependant individualisé. Déclinaison du chœur à travers le “PIC neutre”: un PIC avec un minimum de déplacement et de parole, où chaque intervention doit venir d’une puissante nécessité ressentie non seulement individuellement mais par l’ensemble du groupe.

Techniques orientales : pratique du corps et de la sensation

C’est l’écoute de soi à travers le calme, le vide, la conscience de la respiration et la précision gestuelle. Les entraînements sont issus du Yoga et du Taï Chi. Pour un enracinement de la dramaturgie dans le corps, nous avons adapté le Jo Ha Kyu de la méthode Suzuki. Ainsi, nous construisons les interventions verbales de débat en trois temps liés à trois énergies psycho-physiques différentes :

Le jo = opposition entre une force qui tend à se développer et une autre qui la retient ;

Le ha = on se libère de cette force, c’est l’apogée de l’action ;

Le kyu = l’action déploie toutes ses forces pour s’arrêter brusquement devant un obstacle, une nouvelle résistance.

L’analyse action 

Inventée par Stanislavski et développée par ses descendants, il s’agit d’une méthode d’analyse du texte dramatique mise à l’épreuve du plateau par les “études” (improvisations selon la partition du texte). Cette méthode développe autant la créativité de l’acteur, la construction du rôle que la mise en scène et la création globale d’un spectacle. Pierre Heitz a suivi pendant 14 années l’enseignement de Vassiliev pour maîtriser cette méthode.

Paradigmes de référence

 

Le théâtre d’improvisation

Bien que la plus grande partie des spectacles d’improvisation théâtrale aujourd’hui vise le divertissement et l’humour uniquement, nous nous nourrissons auprès de différentes techniques de créations instantanées de personnages et d’histoires. Nous sommes ainsi proches de la lignée ouverte à Chicago par Viola Spolin et son fils Paul Sills, prolongée par Del Close, fondée sur le jeu, l’acceptation et la spontanéité, ainsi que des expériences et des approches de Keith Jonhstone ou Alain Knapp sur l’improvisation narrative et dramatique.
Ce cadre théorique est développé depuis plusieurs années par Hervé Charton à travers le doctorat qu’il a obtenu à l’université Sorbonne-Nouvelle. On peut le retrouver dans l’ouvrage des éditions Classiques Garnier, Canaliser / Émanciper. La liberté dans l’improvisation théâtrale. Dans ses recherches, il consacre plusieurs passages au travail du LACSE.

Le théâtre Brechtien

Un théâtre épique, qui crée sans cesse à la fois un je et un jeu, à la fois un engagement profond dans l’action scénique et une distance. Dans cette optique, la réflexion et l’émotion sont toujours liées et il est possible pour le spectateur comme pour l’acteur d’avoir des expériences doubles, à la fois intellectuelles et sensibles.
Ce théâtre développe une puissante conscience du spectateur. Chaque moment théâtral, même s’il n’est pas directement dirigé vers le public, est axé vers lui. Nous avons réalisé tout au long des laboratoires de nombreux entraînements sur la distanciation du geste, de la parole, de l’émotion et du regard. Cela a permis de développer ce jeu qui a un impact si sensible auprès du public quand il est réussi.

Le théâtre Forum

Les emprunts sont nombreux. Ainsi par exemple, les participants d’un PIC comme dans le théâtre Forum essaient de trouver des réponses à travers la fiction à des questions réelles les concernant directement.
Toutefois, nous prenons nos distances par rapport à certaines formes de théâtre Forum (il en existe de très différentes) trop peu nuancées, trop immédiatement didactiques ne laissant parfois pas assez de place à l’imprévu et à la fantaisie imaginaire.
Nous croyons beaucoup à la nécessité d’une forme plus organique qui encourage le travail sur les besoins profonds des « spectacteurs » et permet à un inconscient collectif de s’exprimer. Inconscient qui souvent se défile quand on cherche à trop le cadrer.

Notre motto : Un PIC n’est pas une démonstration, c’est une recherche collective.

 

Le LACSE - PIC

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